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Le musée Rupert-de-Chièvres, situé au cœur du centre ville, présente les collections de peinture ancienne et d'arts décoratifs de Poitiers.
Fermeture pour travaux de janvier 2009 à l'automne 2010
Cette demeure fut, jusqu'à la Révolution, une dépendance du couvent des Augustins. Edifiée au XVIIe siècle mais souvent remaniée, elle devint au XIXe siècle, la propriété du collectionneur poitevin François Rupert de Chièvres. A sa mort en 1886, ce dernier la légua, avec les objets qu'elle contenait, à la Société des Antiquaires de l'Ouest, qui en fit le musée des Augustins. Au moment de la construction du magasin du Printemps, sur l'emplacement de l'église des Augustins, le portail, voué à la destruction, fut donné à la S.A.O. qui le remonta à l'entrée de la cour du musée. Après cession à la ville de Poitiers en 1947, le musée fut rénové en 1981 : on y restitua une atmosphère de " maison de collectionneur " avec ses boiseries, meubles, tableaux, objets d'art…
La collection de peintures s’échelonne du XVe au XVIIIe siècle.
La peinture des écoles du Nord constitue un ensemble cohérent et de qualité, qui ne cesse de s'enrichir. Différents genres sont représentés, témoins de la vivacité de la production picturale dans la Flandre et la Hollande de l' Age d'Or : sujets d'histoire, avec notamment un Festin de Balthazar de l'entourage des Francken, une Adoration des Mages de Benjamin Cuyp, ou encore une Crucifixion d'Hendrick Bloemaert; paysages de Joos de Momper, Maerten van Valckenborch ou Arnould van der Neer ; scènes de genre telles une extraordinaire Scène de Sabbat proche de David II Téniers ou la Partie de cartes de Jan Molenaer ; portraits par Gerrit van Honthorst, Jacob van Oost, Nicolaes Maes ou Ferdinand Bol.
De la collection italienne ressortent des portraits - attribués à Ridolfo del Ghirlandaio, Domenico Robusti, Bartolomeo Passarotti - et des tableaux religieux : une magnifique Déposition de Croix de Ferraù Fenzoni et un exceptionnel Giovanni Lanfranco, Elie et la veuve de Sarepta (vers 1620-1625), provenant de l'église romaine de Saint-Paul-Hors-les-Murs.
Si le XVIIe siècle français est peu présent -paysages proches de Francisque Millet, de Pierre I Patel ou du Lorrain - c'est surtout le XVIIIe siècle qui s'impose, à la fois par les portraits et par la peinture d'histoire. Autour de deux portraits de Jean Valade, né à Poitiers en 1710 et qui fit une brillante carrière à Paris, sont regroupées des œuvres d'artistes actifs dans la région - Jean Carpentier, Brossard de Beaulieu - ou dans la capitale - Jean-Baptiste Santerre. Chef-d'œuvre de la peinture mythologique galante, L'Aurore et Tithon (1747) de Jean-Baptiste Pierre témoigne du renouveau de la peinture d'histoire.
Un rare coffre de mariage de l'extrême fin du XVIe siècle, fabriqué probablement dans le centre de la France, à décors de caryatides et de feuillages, ouvre le parcours. Dans chaque salle, les meubles ont été placés en fonction de l'usage dévolu au lieu : vaisselier et maie dans la cuisine, console Louis XV et commodes Transition dans le salon XVIIIe siècle, bel ensemble de sièges Restauration dans le second salon. Au pied de l’escalier, une chaise à porteurs de la seconde moitié du XVIIIe siècle, peinte aux armoiries de ses propriétaires, bénéficie d'un succès constant auprès des visiteurs. A l'étage, bureau, chiffonnier, ainsi qu'une paire de cabinets d'ébène du XVIIe siècle dont les panneaux sont sculptés de scènes religieuses et allégoriques..
Seule une partie du riche fonds de faïence peut être montrée : majoliques italiennes du legs Fombeure déposées par le musée de Sèvres ; plats de Nevers à décors historiés du XVIIe siècle, assiettes de Strasbourg ou de La Rochelle, pots à pharmacie …
La collection de céramiques compte environ 1.500 pièces. Une sélection de majoliques italiennes, de faïences de Delft, de Rouen et de Nevers, mais aussi de porcelaines françaises, de porcelaines de Chine, et de faïences populaires est proposée aux visiteurs. Parmi les œuvres exposées, une chevrette attribuée à Masséot Abaquesne, le grand maître rouennais, est à signaler ; ou encore ces grands plats en faïence de Nevers, à décor a istoriato, à l’exemple des majoliques italiennes. Outre des porcelaines de Chine à décor bleu et polychrome produites pour l’exportation dans la région du Jingdezhen, on peut également citer quelques objets en « blanc de Chine » produits dans le Fujian dans le premier quart du 18e siècle. Riche d’environ 200 objets, cette présentation permet de mieux prendre en considération la richesse et la diversité des collections poitevines.
La collection d'émaux peints limousins du XVIe et du XVIIe siècle renferme des chefs-d'œuvre : un grand plat rond représentant la Séparation de Loth et d'Abraham, d'un atelier proche de Jean de Court, une plaque de la Transfiguration en quart de cercle, et surtout une paire de vases peints en émail bleu sombre à décor de grotesques dorées, du dernier quart du XVIe siècle, dont on ne connaît pas d'autre exemple.
Si la sculpture de grandes dimensions est absente du musée, en revanche de nombreuses statuettes de bois et d'ivoire sont exposées, ainsi que des bas-reliefs. Un Ecce Homo en bois du XVe siècle voisine avec les trois personnages en ivoire d'une Crucifixion portative du XVIIe siècle, encore conservés dans leur coffret doublé de tissu. Des panneaux de coffres et de buffets, sculptés de profils à l'antique, rappellent l'utilisation des formes Renaissance dans le mobilier du XVIe et du XVIIe siècle.
Dans le cabinet de travail, quelques instruments scientifiques du XVIIIe siècle sont exposés avec une partie des livres anciens, reliés de cuir, qui constituaient la bibliothèque de Monsieur Rupert de Chièvres.
Fiches de salles ou documents pour le public
à télécharger au format PDF
Le festin de Balthazar
(panneau de bois peint à la fin du XVIe siècle
ou du début du XVIIe siècle)
"L'oeuvre en question"
Fiches à télécharger au format PDF
Plaque de cuivre émaillée "La Transfiguration"