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LA COLLECTION ANDRE BRISSONPoitiers, musée Sainte-Croix, du 25 juin au 18 octobre 2009
Le 27 juin 1953, le Musée de Poitiers inaugurait l’exposition des œuvres offertes par le collectionneur André Brisson. Cet ancien administrateur de société avait consacré une bonne partie de sa vie à constituer patiemment, presque « amoureusement », une collection de tableaux et de statues en bronze.
Ses achats, assez éloignés d’une quelconque stratégie spéculative, doivent en revanche beaucoup à l’amicale influence du galeriste, fondeur et marchand d’art Eugène Blot – grand collectionneur lui-même, et défenseur de Camille Claudel, dont il a organisé des expositions personnelles dans sa galerie au début du XXe siècle. C’est également chez Blot, dans les années 1930, qu’André Brisson a eu l’opportunité de rencontrer plusieurs artistes (Léon Lehmann, Eugène Corneau, Charles Lacoste, entre autres) dont les toiles viendront enrichir sa collection.
L’ensemble des œuvres peintes fait la part belle aux paysages et aux natures mortes, dont la facture entretient des liens plus ou moins directs avec le fauvisme ou l’impressionnisme. Quelques grands noms d’artistes dominent irrésistiblement la collection : Bonnard, Vuillard, Sisley, Boudin, pour les peintres, mais aussi Rodin, Maillol et surtout Camille Claudel, dont les trois éditions en bronze comptent parmi les pièces majeures.
A l’approche de ses quatre-vingts ans, André Brisson songe à assurer la postérité de ses possessions, en les offrant à une collection publique. Son choix s’arrête sur le Musée de Poitiers en raison d’une lointaine ascendance poitevine, un motif initial largement conforté par la relation de confiance ensuite établie avec le conservateur du musée, Marc Sandoz. Ce dernier va déployer beaucoup de diplomatie pour planifier la procédure de la donation – transformée en legs pour des motifs juridiques – et rassurer le donateur sur les conditions de mise en valeur des œuvres offertes. L’enjeu était de taille, car les collections municipales montraient une extrême indigence en matière d’art moderne. La générosité d’André Brisson venait donc combler cette lacune, créant en outre une dynamique qui trouverait de naturels prolongements dans les choix ultérieurs d’acquisitions d’œuvres.
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